Histoires Erotique

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Dec 9

Tourisme sexuel

Category: Histoires Erotique

A bientôt trente-cinq ans, j’avais envie de changer de vie. Mon mari, la quarantaine à peine atteinte, partageait tout à fait ce désir de nouveauté. Nous n’en pouvions plus de notre quotidien de citadins stressés et perpétuellement dans l’urgence. Nous ne vivions que pour le travail et cela pesait de plus en plus sur l’harmonie de notre couple. Nous n’avions pas d’enfants : pas le temps, pas envie ! Mon boulot de secrétaire commerciale dans une grosse boîte d’informatique de la banlieue parisienne ne m’apportait plus la moindre satisfaction autre que purement pécuniaire. J’avais des horaires de folie et c’était exactement pareil pour Jean-Louis, mon époux, cadre supérieur dans le secteur bancaire. Nous ne nous voyions plus que le week-end, et encore, pas toujours. Notre cadre de vie s’était aussi dégradé au fil du temps et nous envisagions de déménager dans un secteur plus calme, moins exposé aux vicissitudes de la vie en région parisienne…

Le déclic s’est finalement produit quand ma mère est brutalement décédée. J’avais déjà perdu mon père il y a quelques années de cela et, fille unique, j’ai donc hérité de toute la fortune familiale : un appartement cossu dans le huitième arrondissement, un coquet contrat d’assurance vie, un bon paquet de valeurs mobilières et le chien de mes parents, Séraphin. A partir de là nous avons eu le choix : rejoindre le centre de Paris ou nous exiler à la campagne, en deuxième couronne. C’est Jean-Louis qui, un soir, après la projection d’un documentaire à la télévision m’a fait part d’une envie toute autre. Sur l’air de la plaisanterie, il m’a demandé si je n’étais pas partante pour tout lâcher et recommencer à zéro, loin de la capitale, dans un cadre bucolique et champêtre. Je me souviens que nous avons très peu dormi cette nuit-là, échangeant jusque fort tard nos idées sur la question…

Finalement, une fois la succession réglée et le gros chèque au fisc envoyé, notre séance de prospective était devenue un véritable projet. Nous avions décidé de tout plaquer de notre ancienne vie et de nous exiler en Dordogne, une région que nous avions fort appréciée lors d’une de nos rares semaines de vacances passées ensemble. Nous souhaitions monter un projet touristique, un village de cinq ou six gîtes ruraux autour de la maison de nos rêves, une belle et grande ferme en pierre. Il nous a fallu près d’une année et demie pour concrétiser tout cela, chercher l’objet de nos désirs, en assurer la rénovation avec l’aide d’un architecte compétent et mettre sur pied la démarche commerciale qui devait nous permettre de vivre de cette activité. Nous nous sommes beaucoup renseignés sur le sujet et avons cherché à offrir à nos futurs clients, quelque chose d’original et de novateur. Ca a été la partie la plus délicate de notre projet. Il était hors de question pour nous de mettre sur le marché un hébergement classique, en tout point conforme à ce qui se fait déjà par dizaines dans la région. Surtout, nous savions que pour vivre de notre nouvelle activité, il nous fallait maximiser le taux de remplissage tout au long de l’année. Cela n’était envisageable qu’en apportant un plus à nos visiteurs et en donnant un attrait particulier à notre village. Voilà pourquoi nous avons décidé au final et après mûres réflexions de créer le premier hébergement libertin du secteur. Heureusement, nous avions choisi d’acheter un corps de ferme relativement isolé du bourg le plus proche…

Je m’aperçois qu’à ce stade il est nécessaire que je vous en dise un peu plus sur nous deux. Nous n’étions pas novices dans le domaine du libertinage. En fait, la plupart de nos loisirs tournaient déjà autour de ce thème. Je suis très portée sur le sexe, tout comme Jean-Louis. Nous pratiquons l’échangisme et le mélangisme fréquemment, dans des boîtes de la région parisienne. Je suis la seule à être bisexuelle mais mon mari ne m’en tient pas rigueur. Au contraire, je sais qu’il apprécie de me voir dans les bras d’une autre femme. Comme je suis très partageuse, il arrive souvent que nous passions la nuit au lit à trois. En contrepartie du plaisir que je lui offre alors, Jean-Louis me laisse sans la moindre jalousie coucher avec d’autres hommes. Je sais qu’il a plusieurs maîtresses au travail de son côté mais ça ne me gêne pas. Vous comprenez pourquoi nous n’avons pas d’enfants. Cette sexualité débridée nous paraît un peu difficile à combiner avec une vie de famille raisonnable…

Bref, en quittant la région parisienne, nous savions qu’il nous faudrait renoncer à une certaine fantaisie sexuelle qu’il était impossible de récréer en province, qui plus est perdus dans la campagne. Brive-la-Gaillarde, la plus grande ville des alentours, se trouvait à près de soixante kilomètres et c’était sans doute le premier endroit où nous aurions pu assouvir régulièrement les besoins de nos libidos respectives. Nous savions aussi que notre travail d’hôte et d’hôtesse nous prendrait au moins autant de temps que celui que nous quittions, du moins en période de pointe. Voilà comment, de fil en aiguille, nous en sommes arrivés à définir les contours de notre village de gîtes. Aujourd’hui, nous avons réussi à joindre l’utile à l’agréable et nous sommes bien contents de notre choix…

Il a fallu que nous apportions des modifications substantielles à la première mouture de notre projet. Nous avons dû mettre vaguement au courant l’architecte et certains artisans, tout cela sans prendre le risque de laisser se répandre à notre sujet de méchantes rumeurs dans le voisinage. Ce fut particulièrement le cas quand nous avons décidé de rajouter la rénovation de la grange à notre plan initial. Nous voulions en faire un lieu convivial destiné aux plaisirs de la chair. C’est pourquoi nous avons fait appel à des entreprises extérieures pour les équipements de confort et l’ameublement. Nous y avons installé une piste de danse, presque une petite boîte de nuit, et des boxes discrets mais coquets. Une partie un peu à l’écart, dans l’ancienne étable, a été consacrée aux plaisirs aquatiques, avec la mise en place de deux jacuzzis de grande taille, pouvant accueillir plusieurs personnes. C’est une entreprise parisienne, recommandée par une amie tenancière de boîte échangiste qui nous a livré et installé tous les meubles, y compris ceux des cinq premiers bungalows. Nous avions choisi de créer des espaces assez grands pour recevoir des couchages imposants, particulièrement adaptés pour les parties carrées ou la pratique du triolisme…

Pour peaufiner tout ça, j’ai mis en place une bibliothèque érotique de plusieurs centaines d’ouvrages choisis avec le plus grand soin. J’y ai adjoint une bonne quantité de DVD dans tous les styles, mais toujours très pornographiques. Je voulais, avec Jean-Louis, jouer à fond la carte du sexe. Pour cela, il fallait donner un cachet particulier à nos gîtes. La bibliothèque y contribuait tout particulièrement, comme les estampes japonaises qui décoraient la salle commune d’ailleurs. J’avais juste dû veiller à les accrocher après la visite de la commission de sécurité qui devait passer pour nous donner l’autorisation d’ouverture, toujours dans un souci de discrétion…

A la fin de l’hiver nous étions près à lancer notre première campagne de prospection. J’avais déjà parlé de notre projet à quelques amis libertins qui mouraient d’envie de nous rendre visite mais cela ne suffisait évidemment pas à remplir notre planning de réservations pour le reste de l’année, notamment hors-saison. Nous avons donc décidé d’effectuer un saut dans la capitale pour y faire notre publicité. Il n’était pas possible de passer par une centrale de réservation où d’adhérer à un réseau type ” Gîtes de France “. Vous imaginez l’annonce ?..

” Gîte sexuel en Dordogne recherche ses clients libertins, amateurs de partouzes ou échangistes pour des vacances coquines. Tous équipements nécessaires à votre disposition. Lesbiennes, hétéros, gay ou bisexuels vous êtes les bienvenus. Possibilité de séjours de groupes ou à thèmes. Dix places ou plus, dans cinq bungalows spacieux et bien équipés. N’oubliez pas votre sexe ! “..

Ce fut pourtant à peu près la teneur de l’annonce que nous fîmes passer dans certaines revues bien connues du milieu. Pour faire bonne mesure, nous nous sommes rendus également dans les établissements que nous fréquentions avant notre départ. Avec l’accord des patrons, heureux de nous rendre ce service, nous y avons déposé des flyers explicites et bien illustrés. Notre idée a tout de suite rencontré un très vif succès et nous avons dû faire face à de nombreuses interrogations et demandes de précisions. Le résultat ne s’est pas fait attendre : à notre retour dans le Périgord, nous croulions sous les e-mails et les réservations. Notre projet semblait sur la bonne voie et nous avons attendu avec impatience l’arrivée de nos premiers touristes libertins, à la fin du printemps. Il nous semblait que nous étions sur la bonne voie. Restait à satisfaire nos ” invités ” afin de pouvoir compter sur l’effet bouche à oreille qui ne manquerait pas de se manifester en cas de succès. Pour cela, nous étions près à payer de notre personne, dans tous les sens du terme.

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